L’impôt sur la fortune improductive désigne une réforme fiscale débattue pour remplacer ou transformer l’actuel impôt sur la fortune immobilière (IFI). L’idée est simple : ne plus taxer uniquement l’immobilier, mais élargir l’assiette à certains biens considérés comme peu utiles au financement de l’économie réelle.
À ce jour, le régime applicable reste l’IFI : il concerne les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier. L’administration fiscale confirme que l’IFI porte sur les biens et droits immobiliers, après déduction de certaines dettes et application éventuelle d’abattements, notamment sur la résidence principale.
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Pourquoi parle-t-on de “fortune improductive” ?
La notion de fortune improductive vise les actifs qui dorment dans un patrimoine sans financer directement l’activité économique : logements vacants, résidences secondaires, objets de luxe, liquidités peu investies, parfois même certains contrats d’assurance-vie ou actifs numériques selon les versions du texte.
L’objectif politique affiché est de réorienter une partie de l’épargne vers des placements jugés plus productifs : entreprises, innovation, immobilier locatif utile, investissements de long terme. La réforme votée en première lecture à l’Assemblée nationale le 31 octobre 2025 proposait de remplacer l’IFI par un impôt plus large sur la fortune improductive.
Quels biens pourraient être concernés ?
Selon les versions discutées, l’impôt sur la fortune improductive pourrait viser :
| Type d’actif | Situation possible |
|---|---|
| Résidence principale | Potentiellement incluse avec abattement, comme dans l’IFI |
| Résidences secondaires | Fortement concernées |
| Logements vacants | Cible logique de la réforme |
| Immobilier locatif | Traitement variable selon les versions |
| Bijoux, yachts, voitures de collection | Possiblement inclus |
| Œuvres d’art | Débat sensible selon les amendements |
| Cryptomonnaies | Possiblement incluses |
| Assurance-vie en fonds euros | Évoquée dans plusieurs analyses |
| Actifs professionnels | Généralement exclus ou protégés |
La grande différence avec l’IFI est donc l’assiette. L’IFI taxe principalement l’immobilier. L’impôt sur la fortune improductive chercherait à taxer une partie plus large du patrimoine, à condition qu’elle soit considérée comme “non productive”.
Quel seuil et quel taux ?
Une version de l’amendement prévoyait un taux unique de 1 % sur la fraction du patrimoine net taxable dépassant 2 millions d’euros. D’autres discussions ont évoqué un seuil maintenu à 1,3 million d’euros, proche de l’IFI actuel.
Exemple simple : un foyer avec 2,5 millions d’euros d’actifs taxables et un seuil à 2 millions d’euros serait imposé sur 500 000 euros. À 1 %, cela représenterait 5 000 euros d’impôt annuel.
Mais ce calcul reste théorique : le dispositif final dépendrait du texte effectivement adopté, de l’assiette retenue, des exonérations et du traitement des dettes.
Impôt sur la fortune improductive ou IFI : quelles différences ?
L’IFI actuel est relativement ciblé. Il concerne l’immobilier détenu directement ou indirectement, avec un barème progressif qui commence à 0 % jusqu’à 800 000 euros, puis monte par tranches lorsque le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros.
L’impôt sur la fortune improductive serait plus politique dans sa logique : distinguer les actifs “utiles” des actifs “dormants”. Un appartement loué à l’année pourrait être moins visé qu’un logement vacant. Une participation dans une entreprise pourrait être mieux traitée qu’un portefeuille d’actifs non investi dans l’économie productive.
Qui serait le plus concerné ?
Les profils les plus exposés seraient les foyers possédant un patrimoine important, mais pas nécessairement composé uniquement d’immobilier :
Un propriétaire avec résidence principale, résidence secondaire et logement vacant pourrait être concerné.
Un épargnant disposant d’une grosse assurance-vie en fonds euros pourrait entrer dans le débat si ce support est retenu dans l’assiette.
Un collectionneur possédant voitures anciennes, bijoux ou objets précieux pourrait aussi être visé.
À l’inverse, un entrepreneur dont l’essentiel du patrimoine est constitué d’actifs professionnels pourrait être moins touché, selon les exclusions prévues.
Faut-il déjà réorganiser son patrimoine ?
La prudence s’impose. Une réforme discutée n’est pas forcément une réforme applicable. Le Sénat a ensuite adopté une version différente, appelée contribution des hauts patrimoines, avec un seuil évoqué à 2,57 millions d’euros et une assiette distincte de celle votée à l’Assemblée nationale.
Avant de vendre, arbitrer ou modifier une stratégie patrimoniale, il faut donc distinguer trois niveaux :
- le droit actuel : l’IFI ;
- les propositions politiques ;
- le texte final éventuellement adopté.
La bonne approche consiste à réaliser un inventaire précis : immobilier taxable, dettes déductibles, assurance-vie, liquidités, objets de valeur, actifs numériques, parts de sociétés, biens loués ou vacants. Cet audit permet d’anticiper sans prendre de décision hâtive.
FAQ
L’impôt sur la fortune improductive existe-t-il déjà ?
Non, le dispositif a été débattu dans le cadre du budget, mais le droit applicable reste l’IFI tant qu’aucune réforme définitive n’entre en vigueur.
Les cryptomonnaies seraient-elles taxées ?
Elles ont été citées dans certaines analyses de la réforme, mais leur traitement dépendrait du texte final.
L’assurance-vie serait-elle concernée ?
Certains contrats, notamment les fonds euros, ont été évoqués dans le débat, mais il faut attendre une version stabilisée pour savoir précisément quels supports seraient intégrés.
Et vous, trouveriez-vous juste de taxer davantage les patrimoines “dormants” pour encourager l’investissement productif ? Répondez en commentaire, partagez l’article et donnez votre avis.


